L’apprenti – Mathis Poulet

 L’apprenti – Mathis Poulet

Venu s’installer au Mans avec toute sa famille, Mathis Poulet, 17 ans, vise prochainement un volant aux 24 Heures du Mans. Pour accomplir son rêve…

A 6 ans, pour sa première expérience dans un kart, Mathis Poulet descend de son baquet furibard. « J’étais trop petit. Mes pieds touchaient à peine les pédales. » L’idée de voir Mathis conduire un mini-bolide vient de son papa Franck : « tout jeune, il avait fait un peu de karting en amateur. » Né à Nantes, Mathis grandit à Sartrouville. Petit, le sport, c’est pas son truc. Certes, il fait un peu de tennis mais surtout ce qu’il adore, c’est regarder les Grand Prix de Formule 1 avec son père. A 12 ans, le Francilien remonte (enfin) dans un baquet de karting : « cette fois-ci, ça m’a plu. J’ai demandé d’y retourner. »
Rapidement, Mathis devient accro. « On a acheté mon premier kart et je me suis rapproché du RKC Karting. » Devant la motivation de Mathis, Jean-Eric Vergne, boss de cette structure, l’oriente vers le Volant ACO dont il gagne une session : « Ça a été le déclencheur. »
En 2016, Mathis intègre la Kart Racing Academy.

Filière de la FFSA, elle permet aux jeunes pilotes de 7 à 15 ans de parfaire leur pilotage et d’évoluer dans différentes compétitions.
« Ma première année a été très compliquée. Je n’avais pas d’expérience face à de jeunes pilotes qui faisaient du kart depuis leurs 5, 6 ans. J’étais vraiment largué. » Cette même année, il est invité par SO24 à découvrir les 24 Heures du Mans. « Ça a été la révélation. Je me suis dit que je voulais être pilote d’endurance ! » Aidé par son papa qui fait souvent office de mécano, Mathis s’accroche et décroche l’année suivante une place dans la Sodi Racing School, école de conduite mise en place par le constructeur de châssis de karting. « Cette formation m’a beaucoup aidé à progresser. »

En juillet, lors des championnats de France cadets, sur 94 participants et doté d’un mécano attitré, Mathis fait le 13e temps. « Puis tout s’est enchaîné. » En 2018, il intègre la FFSA Academy sur le Technoparc. Toute la famille le suit alors en Sarthe : « mes parents en ont profité pour changer de vie et me montrer qu’ils croyaient en mon projet de courir les 24 Heures du Mans. » En 2019, il les court mais en kart. Sous les couleurs de SO24 KMD, il remporte sa catégorie (5e au général) et récidive l’édition suivante en GP2.
« Cela a été une super expérience. Rouler en équipe, de nuit, au petit matin… » Cette même année, il participe à une saison de Formule 4 sur une Mygale Renault. « J’ai bien débuté la saison, notamment à Pau. Puis ensuite ça a été plus difficile. » Finalement, la monoplace n’est pas pour lui. Cap sur l’endurance ! « A ce moment-là, j’ai eu la chance de rencontrer Jean-Bernard Bouvet qui lançait son école. » Fort de ses 9 participations au Mans, l’ancien pilote WR veut innover avec sa Filière Endurance. Son but : préparer, en trois ans, de jeunes aspirants au métier de pilote professionnel pour les lancer dans les plus grands championnats d’endurance. Au volant d’une Ligier JSP4, Mathis doit donc participer à la Ligier European Series. Mais la crise sanitaire enterre ce projet et, fin octobre 2020, il rebondit à l’étage supérieur. A Magny-Cours, le néo-Sarthois prend le volant d’une LMP3 dotée de 455 CV. « Tout de suite, j’ai été à l’aise. » En avril 2021, l’équipe espagnole Team Virage le recrute pour conduire sa Ligier JS P320 en vue des Ultimate Cup Series. Philippe Gautheron, le directeur de l’équipe espagnole, championne en titre, est élogieux sur sa venue : « avec Mathis, nous sommes sûrs de conserver notre couronne. »

Pour sa première sortie avec sa toute nouvelle LMP3, le 30 avril dernier sur le Circuit Paul Ricard, la recrue ne fait pas mentir son boss. Avec ses coéquipiers Miguel Cristovao et Julian Wagg, il remporte de 7’’ la première manche des LES. La route semble tracée…

Philippe Laville

https://www.happy-sitiz.fr

Le Mans, ma ville, la Sarthe, mon département, je les adore et vous invite à partager mes coups de cœur. Passionné par les gens qui osent et qui cassent les codes, j’anime une rédaction qui n’a de cesse de vous étonner. Je vous les présente.

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